Op¨¦ra
Jingju
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Le
jingju est l'op¨¦ra qui a le plus influenc¨¦ les diff¨¦rentes
formes d'art dramatique moderne en Chine. Cr¨¦¨¦ ¨¤ P¨¦kin,
il s'est fait connaître dans l'ensemble du pays
sous diverses appellations. C'est durant la deuxi¨¨me
ann¨¦e de l'¨¨re Guangxu (1876) de la dynastie des Qing
(1644-1911) qu'il est d¨¦nomm¨¦ pour la premi¨¨re fois
jingju, ou op¨¦ra de la capitale. De 1928 ¨¤ 1949, tout
comme la capitale, il change de nom et est appel¨¦ pingju.
C'est avec la fondation de la R¨¦publique Populaire de
Chine, en 1949, qu'il prend le nom d¨¦finitif de jingju.
Globalement,
quatre types de rôles se distinguent au sein du
jingju: le sheng, ou personnage masculin; le
dan, rôle f¨¦minin; le jing, personnage
au visage peint; et le chou, rôle de bouffon.
Dans
le domaine de la repr¨¦sentation artistique, l'op¨¦ra
jingju recueille et d¨¦ploie les multiples traditions
th¨¦âtrales chant¨¦es et dans¨¦es de la Chine ancienne.
Utilisant les proc¨¦d¨¦s classiques de chant chang,
de d¨¦clamation nian', de jeu zuo et
de combat da, et fruit de nombreuses ann¨¦es
de mise en pratique, le jingju s'est progressivement constitu¨¦
en syst¨¨me ¨¤ part enti¨¨re.
La
d¨¦clamation (nian) et le chant (chang)
sont les deux formes sc¨¦niques d'expression linguistique.
S'unissant l'une ¨¤ l'autre, elles permettent une bonne
repr¨¦sentation de l'¨¦tat d'esprit, du for int¨¦rieur
ou des motivations des divers protagonistes. Dans l'op¨¦ra
jingju, le chant est le mode d'expression privil¨¦gi¨¦
des sentiments. Agencement complexe de d¨¦veloppements
lyriques ininterrompus, le r¨¦pertoire chant¨¦ t¨¦moigne
de la violence des conflits ou des ¨¦motions port¨¦es
¨¤ leur paroxysme. Accompagnement d'histoires racont¨¦es,
de contemplation de paysages, de joutes oratoires ou de
d¨¦bats judiciaires, le chant conf¨¨re ¨¤ l'intrigue dramatique
sa puissance esth¨¦tique. Le dialecte de la r¨¦gion de
P¨¦kin sert le plus fr¨¦quemment la d¨¦clamation; ceux
des provinces du Jiangsu, du Shanxi ou du Shandong sont
cependant parfois employ¨¦s. Tous ont une grande sonorit¨¦
musicale et rythmique et s'associent au chant pour renforcer
la rh¨¦torique d'ensemble.
Le jeu (zuo) est l'appellation de la forme dans¨¦e
des mouvements. La subtile mise en oeuvre du fort potentiel
de la gestuelle des mains, de l'expression du regard,
de la posture du corps ou de la d¨¦marche, approfondit
la composition du rôle et l'aura du personnage.
Quant au combat (da), gestuelle des arts martiaux
traditionnels, il exprime les situations de guerre, g¨¦n¨¦ralement
¨¤ l'aide d'armes blanches, ¨¤ feu ou d'hast, telles que
couteau, ¨¦p¨¦e, fusil, ou hallebarde. Le maniement de
ces instruments de la Chine ancienne, aussi bien ¨¤ l'occasion
de sc¨¨nes de combat qu'au cours d'enchaînements
gymniques individuels, donne une bonne perception de l'atmosph¨¨re
martiale et de la personnalit¨¦ du guerrier.
Ces
quatre modes d'expression ¨C chant, d¨¦clamation, jeu
et combat ¨C ob¨¦issent ¨¤ des r¨¨gles strictes d'interpr¨¦tation,
chaque type de rôle devant respecter des normes
et des proc¨¦d¨¦s sp¨¦cifiques. L'imbrication parfaite
des rôles et l'accord tacite entre acteurs et musiciens
garantissent le d¨¦roulement harmonieux des complexes
enchev¨ºtrements d'une intrigue toujours rigoureusement
men¨¦e et de l'ardeur d'un combat o¨´ l'esth¨¦tique n'est
jamais oubli¨¦e. Chant, d¨¦clamation, jeu et combat exigent
par ailleurs un tr¨¨s haut degr¨¦ de technicit¨¦. Les
grands acteurs associent habilet¨¦ et pr¨¦cision, dans
un travail m¨¦ticuleux de composition du personnage. Certaines
techniques particuli¨¨res, comme l'utilisation de favoris
ou de plumes, sont g¨¦n¨¦ralement employ¨¦es pour ¨¦voquer
des sentiments non ext¨¦rioris¨¦s tels que courroux, terreur
ou confusion. Les accessoires, les costumes, le maquillage
et le d¨¦cor ont non seulement des fonctions symboliques
et ornementales mais permettent aussi d'assister le jeu
des acteurs.
En guise de d¨¦cor, un rideau brod¨¦ est g¨¦n¨¦ralement
dispos¨¦ ¨¤ l'arri¨¨re-plan. Sur la sc¨¨ne, une table
et deux chaises permettent l'utilisation optimale de l'espace
consacr¨¦ ¨¤ l'interpr¨¦tation. Cette sobri¨¦t¨¦ stimule
l'imagination du public. Les chants, les d¨¦clamations,
les jeux et les combats des artistes sont l'assurance
que le contexte est respect¨¦.
Les
accessoires utilis¨¦s, indices indispensables ¨¤ la compr¨¦hension
du d¨¦nouement dramatique, renseignent sur le temp¨¦rament
des diff¨¦rents personnages autant qu'ils secondent la
repr¨¦sentation. Un fouet ¨¤ la main indique le cavalier,
une rame d¨¦signe un d¨¦placement sur l'eau, fournissant
aussi l'occasion d'ex¨¦cuter l'ensemble de la gestuelle.
Une ¨¦p¨¦e t¨¦moignera de l'ardeur du combat autant qu'elle
d¨¦montrera l'adresse de son d¨¦tenteur.
La
codification des costumes de l'op¨¦ra de P¨¦kin trouve
ses origines dans les normes vestimentaires de la dynastie
des Ming (1368-1644).
Le mang ¨°t, ou v¨ºtement port¨¦ par l'empereur et par
les mandarins de grades sup¨¦rieurs, ¨¦tait ¨¤ l'origine
un habit de cour des dynasties Ming et Qing.
Ce v¨ºtement ¨¦tait brod¨¦ de pythons ou boas, dont le
nombre, la couleur et la forme ¨¦taient les signes distinctifs
de la qualit¨¦ du rang. Dans le jingju, le jaune, couleur
uniquement port¨¦e par le fils du ciel, indique le grade
le plus ¨¦lev¨¦. Toujours au sein de la cat¨¦gorie des
lettr¨¦s sup¨¦rieurs, dans l'ordre d¨¦croissant des titres
de noblesse, les couleurs correspondent respectivement
au pourpre, au blanc, au rouge, au bleu et enfin au noir.
Les habits des mandarins de grades interm¨¦diaires et
inf¨¦rieurs se distinguent ¨¦galement, entre autres, par
la couleur : rouge pour un rang ¨¦lev¨¦ ; noir pour un
rang inf¨¦rieur. Quant au pei, v¨ºtement ordinaire des
lettr¨¦s, le coloris est parfois d¨¦termin¨¦ par l'age:
pourpre pour les personnes ag¨¦es; rouge ou rose pour
les jeunes gens. La couleur du zhezi , ou habit civil,
varie ¨¦galement en fonction de l'age et du rang social:
le bleu ou le noir pour les adultes, le rouge ou le rose
pour les adolescents; bleu uni pour les ¨¦tudiants d¨¦munis,
noir uni pour les gentilshommes de basse extraction, noir
rapi¨¦c¨¦ d'¨¦toffes de soie multicolores pour les mendiants.
Le kaikao est l'armure du g¨¦n¨¦ral d'arm¨¦e. Sur la poitrine
est dispos¨¦ un miroir protecteur et, du ventre aux ¨¦paules,
s'¨¦tend une paire de tigres brod¨¦s. Sur le dos, quatre
fanions r¨¦v¨¨lent la majest¨¦ du grand g¨¦n¨¦ral au maintien
imposant.
En
mati¨¨re de maquillage, le rôle le plus remarquable
est celui du jing ou visage peint. De l'encre de Chine,
tr¨¨s dense, et des couches de teintes diverses sont appliqu¨¦es
sur les sourcils, les yeux, le nez, les l¨¨vres et les
rides du visage, constituant diff¨¦rents types de mod¨¨les
d¨¦termin¨¦s grace aux correspondances des cinq couleurs
de l'esth¨¦tique picturale traditionnelle. G¨¦n¨¦ralement,
le rouge exprime d¨¦vouement et loyaut¨¦'; le pourpre,
une forte personnalit¨¦ et une grande pond¨¦ration ; le
vert, imp¨¦tuosit¨¦ et bravoure; le jaune, ruse et calcul
du strat¨¨ge ; le noir, audace et t¨¦m¨¦rit¨¦ ou impartialit¨¦
et int¨¦grit¨¦; le blanc, perfidie et cruaut¨¦.
La
maîtrise de cet art du maquillage permet de sugg¨¦rer
au spectateur toutes sortes de situations par associations
d'images, sous-jacentes au d¨¦roulement apparent de l'intrigue.
L'ensemble codifi¨¦ de ces diff¨¦rentes techniques doivent
induire tous les ¨¦l¨¦ments n¨¦cessaires ¨¤ la cr¨¦ation
d'une oeuvre dramatique, (perception, affect, r¨¦miniscence,
connaissance litt¨¦raire et tradition esth¨¦tique), appr¨¦hend¨¦e
essentiellement au travers d'une suite d'¨¦vocations logiques.
Troupe
Institut de l'Op¨¦ra Jingju de la province du Jiangsu
Cr¨¦¨¦e en 1960, cette ¨¦cole d'enseignement du jingju
est la plus prestigieuse du sud de la Chine. Elle dispense
aux quelques cent vingts artistes de la troupe une instruction
rigoureuse et compl¨¨te. Le r¨¦pertoire des oeuvres interpr¨¦t¨¦es
inclut des pi¨¨ces traditionnelles aussi bien que de nouvelles
cr¨¦ations.
Cette troupe, constitu¨¦e d¨¨s 1953, a particip¨¦ avec
succ¨¨s ¨¤ de nombreux concours nationaux et a pu donner
¨¤ travers le monde de brillantes repr¨¦sentations, favorisant
ainsi la diffusion de la culture raffin¨¦e des op¨¦ras
traditionnels.
Interpr¨¨tes principaux
Li
Jie
Interpr¨¨te du rôle qingyi (dan) du courant de l'illustre
Mei Lanfang, il a int¨¦gr¨¦ avec succ¨¨s l'Ecole des Op¨¦ras
Jingju de la province du Jiangsu, sous la direction du
c¨¦l¨¨bre d¨¦positaire du courant meipai, Chen Zheng.
Diplôm¨¦ en 1988, il devient, la m¨ºme ann¨¦e, membre
de l'Institut de l'Op¨¦ra Jingju de la province du Jiangsu.
En 1998, lui est octroy¨¦e par le Minist¨¨re de la Culture
une bourse doctorale au sein de l'Institut National des
Op¨¦ras Traditionnels o¨´ il continue ses recherches sous
la direction des ¨¦minents Yang Qiuling et Li Jinhong.
La rigueur de son travail, l'¨¦l¨¦gance de son jeu, la
douceur de son timbre ainsi que l'excellence de son chant
ont conquis un public international. En 2001, il est laur¨¦at
du Concours International des Jeunes Interpr¨¨tes de l'Op¨¦ra
Jingju organis¨¦ par le Minist¨¨re de la Culture et obtient,
la m¨ºme ann¨¦e, la distinction de la Fleur de Prunus.
Zhou
Tian
Il passe, en 1981, le concours d'entr¨¦e de l'Ecole des
Op¨¦ras Jingju de la province du Jiangsu.
Sp¨¦cialiste du rôle de wusheng (guerrier sheng),
il int¨¨gre, en 1988, l'Institut National des Op¨¦ras
Traditionnels. Interpr¨¨te de multiples personnages des
dynasties Tang et Song, il s'est produit avec succ¨¨s
sur la sc¨¨ne internationale.
Li
Weiqun
Il int¨¨gre, en 1988, l'Institut National des Op¨¦ras
Traditionnels et est dirig¨¦ par Fei Yuce, Wang Zhengping
et Wu Yuzhang. A l'instar de ses coll¨¨gues, il s'est
fr¨¦quemment produit sur la sc¨¨ne internationale et les
oeuvres qui composent son r¨¦pertoire sont toutes d'exceptionnelle
qualit¨¦.
1.Adieu
¨¤ ma concubine ( Bawang bie Ji )
2.la d¨¦esse r¨¦pand
des fleurs ( Tiannu sanhua )
3.A la crois¨¦e des chemins
( Sanchakou )