PRESENTATION
GENERALE DE l'OPERA CHINOIS
L'op¨¦ra
chinois est une combinaison savante de plusieurs disciplines
: danse, musique, chant, litt¨¦rature, acrobatie et mime.
Plus de trois cents types d'op¨¦ras r¨¦gionaux existent
actuellement en Chine, les traditions de chaque Province
s'exprimant par des op¨¦ras diff¨¦rents. L'op¨¦ra de P¨¦kin
est consid¨¦r¨¦ comme le plus noble, mais d'autres formes,
telles celles des Kunqu et Yueju, sont tr¨¨s appr¨¦ci¨¦es.
Certains groupes ethniques poss¨¨dent ¨¦galement leur
propre op¨¦ra local.
La technique th¨¦atrale et le r¨¦pertoire sont n¨¦anmoins
fondamentalement identiques. L'originalit¨¦ de chaque
forme tient aux m¨¦lodies utilis¨¦es et aux dialectes
employ¨¦s.
R¨¦pertoire
Les repr¨¦sentations s'inspirent des pi¨¨ces classiques,
de la litt¨¦rature populaire (histoires fantastiques ou
mythologiques), des biographies, l¨¦gendes et ¨¦v¨¦nements
historiques. Leurs messages sont souvent porteurs d'une
morale. Les personnages incarnent ainsi les grandes vertus
traditionnelles que sont le d¨¦vouement ¨¤ la patrie,
la fid¨¦lit¨¦ envers l'empereur, la pi¨¦t¨¦ filiale...
Acteurs
Les interpr¨¨tes doivent non seulement ¨ºtre des acteurs
et des chanteurs accomplis, mais ils doivent ¨¦galement
exceller dans l'art de la danse et de l'acrobatie et maîtriser
la pratique des arts martiaux. Apr¨¨s une formation de
base, qui commence tr¨¨s tôt, g¨¦n¨¦ralement vers
sept ou huit ans, les qualit¨¦s propres au jeune acteur
le destineront plus particuli¨¨rement ¨¤ une certaine
cat¨¦gorie de rôle. L'acteur, ayant ¨¦tudi¨¦ sous
l'autorit¨¦ de son maître, enseignera ¨¤ son tour
son savoir sans jamais rompre la chaîne.
Il existe quatre personnages majeurs : le sheng (personnage
masculin), le dan (personnage f¨¦minin), le jing (personnage
au visage peint de façon outranci¨¨re) et le chou
(le bouffon, dont le rôle est d'amuser les spectateurs).
Chacun de ces personnages se d¨¦compose en plusieurs types
de rôles secondaires. Ainsi, parmi les personnages
masculins (sheng), on trouve les hommes d'age mûr
(lao sheng), les jeunes premiers (xiao sheng), les guerriers
(wu sheng) et les enfants (wawa sheng).
De leur côt¨¦, les personnages f¨¦minins (dan) comprennent
les vieilles femmes (lao dan), les femmes guerri¨¨res
(wu dan)...
Tous
ces diff¨¦rents rôles
requi¨¨rent
une gestuelle, un maquillage et des costumes qui leur
sont propres.
Sc¨¨ne
et D¨¦cor
On ne peut v¨¦ritablement parler de d¨¦cors, ceux-ci n'¨¦tant
qu'une innovation r¨¦cente li¨¦e aux repr¨¦sentations
au sein des th¨¦atres modernes permanents. La simplicit¨¦
des d¨¦cors t¨¦moigne d'une tradition autrefois itin¨¦rante,
les troupes se produisant alors en plein air, dans la
rue ou dans des maisons de th¨¦.
La sc¨¨ne est traditionnellement ouverte sur trois côt¨¦s
et le jeu se fait devant un rideau uni. Aucun d¨¦tail
ne permet de situer l'¨¦poque ou le lieu de l'action,
seul le jeu des acteurs permet de les d¨¦couvrir. Faire
le tour de la sc¨¨ne signifie, par exemple, "parcourir
un millier de kilom¨¨tres".
Le d¨¦cor est r¨¦duit ¨¤ sa plus simple expression, le
plus souvent une table et deux chaises. Celles-ci poss¨¨dent
en r¨¦alit¨¦ plusieurs fonctions qui varient selon l'intrigue
; seul le jeu des artistes permet de leur attribuer leur
sens v¨¦ritable.
Maquillage
Le maquillage, tr¨¨s stylis¨¦, permet de reconnaître
le caract¨¨re, la qualit¨¦ et la destin¨¦e du personnage.
Au premier coup d'oeil, le spectateur doit savoir ¨¤ quel
genre d'individu il a affaire : loyal, perfide ou bienveillant.
Le maquillage met en ¨¦vidence le caract¨¨re psychologique
et moral des personnages. Deux types de maquillage coexistent
: les visages peints et les visages poudr¨¦s, ces derniers
¨¦tant les plus courants. Le maquillage de chacun des
personnages r¨¦pond ¨¤ un certain nombre de codifications
pr¨¦cises. Les couleurs utilis¨¦es et leurs associations
sont autant d'indices d¨¦terminant la personnalit¨¦ et
les intentions de l'individu. Le trait dominant du caract¨¨re
s'exprime par une couleur principale, les nuances par
des couleurs secondaires. Le rouge est symbole de courage
et de loyaut¨¦ ; le violet, consid¨¦r¨¦ comme un d¨¦riv¨¦
du rouge, repr¨¦sente les m¨ºmes qualit¨¦s, mais ¨¤ un
moindre degr¨¦. Le blanc ¨¦voque la ruse ; utilis¨¦ seul,
il d¨¦signe le traître. Le bleu peut indiquer la
hardiesse et la f¨¦rocit¨¦, tandis que le noir ¨¦voque
g¨¦n¨¦ralement la droiture et l'honn¨ºtet¨¦. Enfin, l'or
et l'argent sont r¨¦serv¨¦s aux ¨ºtres surnaturels.
Costumes
Les costumes des acteurs s'inspirent des v¨ºtements de
la dynastie des Ming (1368-1644). On y trouve des armures,
des habits de cour ou des robes de lettr¨¦, agr¨¦ment¨¦s
de chapeaux souvent empanach¨¦s, de ceintures, de chaussures,
de perruques et de barbes artificielles plus longues et
plus belles que dans la r¨¦alit¨¦.
Ces costumes sont r¨¦v¨¦lateurs du rang social du personnage
; ainsi, le port de la robe chez les hommes t¨¦moigne
d'une condition sociale ¨¦lev¨¦e. Ils r¨¦pondent, eux
aussi, ¨¤ une codification complexe ¨¤ d¨¦chiffrer o¨´
le symbolisme des couleurs est ¨¦galement tr¨¨s important
: le jaune est la couleur de l'empereur, les couleurs
vives sont port¨¦es par les princes, les ministres et
les g¨¦n¨¦raux, tandis que les couleurs sombres sont celles
des lettr¨¦s.
Gestuelle
L'acteur doit respecter une gestuelle minutieusement cod¨¦e.
Les mouvements ob¨¦issent ¨¤ des r¨¨gles pr¨¦cises et
servent ¨¤ exprimer les nuances du caract¨¨re et les sentiments
du personnage. Chaque geste induit une action. Quand ils
ne suffisent pas ¨¤ expliciter la sc¨¨ne, l'acteur utilise
des accessoires : tenir un fouet ¨¤ la main signifie,
par exemple, que l'acteur est ¨¤ cheval. Les postures
sont aussi r¨¦gies par des conventions gestuelles dont
le d¨¦chiffrement est indispensable pour comprendre la
repr¨¦sentation. Les acteurs utilisent des gestes de base,
extr¨ºmement stylis¨¦s, parfois exag¨¦r¨¦s, mais qui,
tous, sont issus de la vie quotidienne. Ainsi, lorsque
l'action se d¨¦roule en pleine nuit, les acteurs doivent
faire en sorte que le spectateur perçoive les t¨¦n¨¨bres
autour de lui.
Musique
La musique fait partie int¨¦grante de l'art th¨¦âtral
chinois : elle permet de camper les personnages et de
scander la narration. Elle comprend des chants et un orchestre.
Ce dernier, situ¨¦ sur le côt¨¦ de la sc¨¨ne, est dirig¨¦
par le joueur de tambour qui donne le rythme. Compos¨¦
d'instruments ¨¤ vent et ¨¤ cordes (wenchang), et d'instruments
¨¤ percussion (wuchang), il accompagne le jeu des acteurs
en communion avec les chants. On peut toutefois observer,
selon les r¨¦gions, quelques variantes dans la composition
de l'orchestre et dans l'utilisation des m¨¦lodies populaires
locales.
Alors que la technique th¨¦âtrale et le r¨¦pertoire
restent communs ¨¤ l'ensemble des op¨¦ras, les instruments,
les costumes et les dialectes varient en fonction des
cultures r¨¦gionales.