Conférence sur le
Qu Yi
Le mardi 13 mai 2008 à 19h00
Intervenant :
Monsieur Jiang Kun,
célèbre artiste
PRESENTATION DU QU YI (曲艺)
Qu’est-ce que le Qu Yi ?
Le Qu Yi est l’appelation
générale donnée à l’ensemble des différentes formes d’art
parlé et chanté traditionnel chinois. A l’origine
littérature orale et chants du peuple, cette forme d’art
s’est progressivement développée au fil des siècles pour
former un genre artistique très particulier.
Le Qu Yi possède une
longue histoire crée avant même la première dynastie des Qin
(-221). Pendant la dynastie Tang (618-607), le Qu Yi
commence à devenir une forme d’art à part entière. Sous la
dynastie Song (960-1279), avec l’essor des échanges
commerciaux, l’urbanisation et le développement de la
bourgeoisie, les métiers d’artistes de Qu Yi sont
officiellement reconnus et sont alors fixés des lieux
officiels de représentations. Des dynasties Ming et Qing
jusqu’à la Libération (1949), l’accroissement de la
population urbaine lié à la croissance économique contribue
fortement au développement du Qu Yi. La plupart de ses
formes actuelles sont issue des dynasties Qing et Ming. Mais
ce n’est qu’à partir de la Libération que s’emploi
couramment le terme Qu Yi.
Il existe plus de 400 formes
différentes de Qu Yi dans l’emsemble du pays. La grande
variété du Qu Yi , bien que très spécifique à chaque région,
rassemble et symbolise l’art populaire chinois par
excellence.
Présentation de quelques formes de Qu Yi
Xiangsheng (相声)
Le Xiangsheng, apparu avant
la dynastie Han, est une forme de Qu Yi issu du Nord de la
Chine. C’est un genre de représentation comique sous forme
de dialogues ou monologues. Depuis son origine, au 18ème
siècle pendant le règne de Qianlong de la dynastie Qing, le
Xiangsheng regroupe l’art de parler, d’ imiter, de
plaisanter et de chanter.
A
l’origine très répandu dans les régions de Pékin et de
Tianjin, le Xiangsheng s’est ensuite étendu à tout le pays
pour devenir un art chinois très populaire. Le Xiangsheng
possède la particularité de traiter de questions sérieuses
de manière comique, communément appelé
baofu (包袱,
littéralement : fardeau, charge),
essence du Qu Yi, qui consiste à faire rire les gens.
L’esprite critique domine
dans l’art du Xiansheng, n’hésitant pas à montrer du doigt
les mauvaises aspects des choses et des gens, mais aussi à
chanter la vérité, la bonté et la beauté.
Le Xiansheng peut être représenté en solo, en duo, ou en
groupe. Il existe environ 300 oeuvres traditionnelles de
Xiangsheng. Après la Libération sont inventées de nouvelles
représentations accueillies avec grand succès, telles « Ma
San Li » (马三立),
« Zhu Shao Wen » (朱绍文),
ou encore « Li De Xi » (李德锡).
Les années 70 marquent un nouvel essor du Xiangsheng, et
sous l’influence du célèbre artiste décédé Ma Ji (马季),
apparaissent de nouveaux artistes comme Yang Zhenhua (杨振华),
Wang Zhitao (王志涛) ou Jiang Kun (姜昆),
qui chacun à sa manière enrichit et fait évoluer cet art
traditionnel typiquement chinois.
Le
centre Culturel de Chine accueille quelque uns de ces
célèbres artistes , parmi eux le maître actuel de cet art,
Monsieur Jiang Kun, qui nous présentera l’art qu’il maîtrise
si bien lors d’une conférence organisée dans nos locaux.
Seront présents également les fameux artistes Niu Qun (牛群),
Li Lishan (李立山),
Shi Fukuan (石富宽),
Shi Shengjie (师胜杰
) et Dai Zhicheng (戴志诚).
Le conte (评书,
Ping Shu
ou
评词Ping
Ci)
L’art du conte trouve ses origines dans les régions du nord
de la Chine. Au sud du long fleuve cet art s’appelle Ping
Hua
评话.
Emprunt d’une longue histoire, existaient déjà des conteurs
à la période des « Printemps et Automnes » (-722 à -473).
Cette littérature orale s’est naturellement transmise
génération après génération. Le conte devient un art à part
entière à partir de la dynastie Qing, et l’on dénombre à
l’heure actuelle dix générations de conteurs. Parmi eux les
fameux artistes Shuang Houping (双厚坪),
de la sixième génération, ou encore Liu Lanfang (刘兰芳),
de la 10ème génération, invitée par le Centre
Culturel de Chine.
Les conteurs ont la
particularité de traiter exclusivement de récits combats et
de grandes batailles historiques. La tradition veut
également qu’ils portent tous des habits traditionnels
chinois. La façon de raconter se faisait toujours avec une
personne assise à une table, munie d’un éventail et d’un
bâton de bois, et le conteur debout, en tenue
traditionnelle. Au 20ème siècle, ces coutumes ont
disparu, mais le conteur se tient toujours debout.
Les contes sont tous tirés des romans historiques de
combats, et mise à part le conte «Liao Zhai » (聊斋),
les récits d’amour ne sont pas représentés. Parmi les
célèbres contes figurent Le Général Yue Fei (Yue
Fei Zhuan, « 岳飞传 »),
retraçant les batailles du Général Yue Fei pendant la
dynastie des Song du Sud ; Zhao Kuang Yin (赵匡胤演义),
racontant comment Zhao Kuan Yin devient le premier empereur
de la dynastie Song, ou encore « Yang Jia Zhang» (杨家将),
tiré d’un roman historique de la dynastie Song, etc...
Le Gu qu (鼓曲)
Le
Da Gu (大鼓)
et le Gu Shu (鼓书),
Gu désignant une sorte de tambour, sont les deux
appellations pour une des diverses formes de Qu Yi. Il
existe 10 sortes de Gu, parmi les plus connus le Da Gu de
Pekin (京韵大鼓),
Xi He Da Gu (西河大鼓),
« Da Gu de la rivière de l’ouest », Mei Hua Da Gu (梅花大鼓),
« Da Gu de la fleur de prunier », le Da Gu de la province
du Shandong, etc... Très populaire dans les régions du nord
de la Chine, il existe différentes formes de
représentations, allant d’un artiste qui bat le tambour
(gu), et un autre qui frappe le « ban » (sorte de
castagnettes), à tout un groupe de musiciens et chanteurs.
L’instrument indispensable au spectacle est le San xian (三弦),
instrument à trois cordes pincées, mais peuvent également
s’associer le Sihu (四胡),
violon chinois à quatre cordes ; la pipa (琵琶),
guitare chinoise à quatre cordes, le Yang Qin (扬琴),
ou le tympanon, etc...
Les deux faces des tambours,
rondes et aplaties, sont en cuir, et les instruments se
placent sur un support. Les musiciens battent à l’aide de
baguettes en bambous.
Il
existe deux types de « ban », l’un se fabrique avec deux
planches de bois (le bois de santal est souvent utilisé),
l’autre à partir de deux planches en bronze ou en acier en
forme de demi-lune, dénommé « Yuanyang ban » (鸳鸯
板),
littérament « les planches inséparables ».
Le Da Gu puise dans la
poésie, utilisant rimes et sept à vingt mots par vers. Cet
art se différencie selon sa localité, puisant ainsi dans les
musiques et accents locaux. Le Da Gu permet ainsi de
distinguer les spécificités de chaque musique et chants du
pays.
Le
Centre Culturel de Chine invite la célèbre chanteuse Wen Shuping (温淑萍),
membre de la troupe artistique de la radio chinoise. Cette
artiste à la voix douce et sonore chante différentes formes
de Qu Yi, et depuis bientôt 10 ans, ses performances en
Hang Deng Yang Chang (含灯演唱 :
tenir des bougies à la bouche, voir photo ci-dessous) ont
été couronnées de succès.
Kuaiban (快板)
- (ou propos ryhtmés par des sortes de castagnettes)
C’est une forme plus libre de
poésie rythmée. Les artistes récitent ou chantent au rythme
des kuaiban. L’instrument est fabriqué à l’aide de deux
grandes et de cinq petites planches en bambou, d’où son
autre nom « Qi Kuai Ban’er » ( « 7 planches », prononciation
de Chine du Nord).
Le
Centre Culturel de Chine à Paris accueillera le célèbre
artiste de Kuaiban, Zhang Zhikuan (张志宽)
figure de cette forme de Qu Yi.
Réservation:
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles. Nous
vous remercions de bien vouloir retenir vos places auprès du
Centre Culturel de Chine à Paris
1 Bd de la Tour-Maubourg 75007 Paris
Tél. : 01 53 59 59 20
Fax : 01 53 59 59 29
E-mail : cccparisinfo@gmail.com
www.cccparis.org